C’est quoi le féminisme washing ?

C'est quoi le féminisme washing ?

Le féminisme est un ensemble de pensées et de mouvements politiques, culturels et sociaux qui ont pour but ultime, l’égalité entre les hommes et les femmes. Nous, les femmes, nous sommes battues pour avoir le droit de mettre des pantalons, avoir un chéquier, avoir droit à la contraception et à l’avortement pour disposer librement de nos corps. Mais, c’est quoi « le féminisme washing » ?

 

Des combats

 

Mais nous nous battons encore pour obtenir l’égalité salariale dans les entreprises et nous luttons toujours pour que, à compétences égales avec un homme, nous soyons nommées à des postes à responsabilités. Mais depuis quelques années et encore plus depuis l’affaire « Weinstein », le féminisme est à la mode… La preuve : le marketing publicitaire et la Hype parisienne se sont emparés du combat :« We all should be feminist » peut-on lire sur le t-shirt must have de chez Dior. Des hashtags vengeurs et revendicateurs éclosent en nombre sur tous les réseaux sociaux pour dénoncer les violences faites aux femmes. Le monde occidental est devenu cool parce qu’il est féministe ! Pourtant, rien n’a l’air de changer… Comment se fait-il que, malgré tous ces mouvements et l’Information, les femmes continuent d’être moins bien payées que les hommes pour le même travail ? Comment les grandes sociétés, pourtant sous le feu constant des projecteurs, arrivent à contourner les lois de parité et d’égalité salariale ?

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Le Féminisme-washing : c’est quoi ?

 

Le féminisme-washing est la mise en avant, par certaines entreprises ou groupes, de leurs combats pour les droits des femmes au sein de leur organisation, mais à des fins mercantiles ou pour se donner une bonne image de marque auprès d’un public de plus en plus sensibilisé à la question du Droit des Femmes. C’est évoquer cette noble cause sans y adhérer ! C’est s’emparer des valeurs de Justice et de l’Egalité par opportunisme et non pour faire respecter la loi. C’est faire semblant de s’engager pour détourner l’attention : les entreprises utilisent le féminisme-washing pour masquer la réalité des disparités parmi leurs employés hommes et femmes. C’est utiliser la résonance et la sincérité d’un combat pour faire oublier les vices de fonctionnement qui pourraient choquer.

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Exemple concret #1 : La SNCF

 

La SNCF, grande entreprise publique, communique depuis six ans sur sa journée spéciale, le « Girls’day : journée de la mixité » pour faire découvrir aux jeunes filles ses métiers, en particulier ceux dits “masculins”. La SNCF affirme ne pratiquer un écart salarial « que » de 4%, contrairement à une majorité d’entreprises françaises dans lesquelles on constaterait des écarts se situant autour de 2o %. Et pourtant, les syndicats contestent ouvertement et enfoncent le clou en affirmant que le pourcentage de femmes au sein de la société de chemin de fer n’est que de 16 à 2o % et que seule 1 femme siège au comité de Direction sur 13 membres (masculins donc). Conclusion : La SNCF se pare du masque de vertu mais n’en n’a que faire… Sauf que personne n’y prête plus attention hormis les syndicats concernés, car le message dans la campagne publicitaire est si fort et si bienveillant envers les femmes que le public ne peut douter de sa bonne foi.

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Exemple concret #2 : L’élection de Miss Pérou

 

Une élection de Miss, diffusée à la télévision, est le summum de l’émission ringarde qui renvoie la femme à une image de la jolie potiche ultra bien fichue, qui explique aux spectateurs qu’elle poursuit des études dont tout le monde se moque étant donné qu’elle est en maillot de bain à ce moment-là ; et que l’attention se porte donc bien ailleurs que sur son cerveau. Ces émissions ont été largement critiquées par des associations féministes qui critiquent le prisme auquel est réduit la femme lors de ces concours. Le comité des Miss péruvien a décidé de réagir et fait le buzz : il a fait défiler toutes ses miss en just-au-corps échancrés et décolleté plongeants ; chacune d’elles, tour à tour, au lieu d’annoncer ses mensurations, dénonçaient une statistique de violence domestique. Rappelons, pour information, que le Pérou est le 2 ème pays d’Amérique du Sud en nombre de femmes violées. Si cette démarche est apparue comme courageuse au premier abord, elle n’est qu’un leurre. Le fait est que ces jeunes femmes étaient quand même à moitié nue. Et que la gagnante n’a pas été choisie pour son intellect ou ses combats mais bien pour ses capacités à porter un mini bikini en souriant et en public…et que le comité organisateur n’en n’a que faire des victimes pourvu qu’on parle de lui comme d’un comité moderne et engagé dans la protection des femmes, qui continueront de devoir faire une taille 36 et avoir des mensurations de rêve pour espérer concourir l’année prochaine.

Exemple concret #3 : Miss France

L’élection de « Miss France 218 » était placée sur le thème de la cause des femmes et notamment, comme pour « Miss Pérou », une émission diffusée quelques semaines plus tôt, sur la violence faites aux femmes. J’étais assez dubitative face à ce choix…

« Je tenais ce soir à ce que l’on apporte notre soutien à toutes celles qui sont victimes de violences et qui parfois ne peuvent pas prendre la parole », a expliqué Sylvie Tellier.

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Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille cette vidéo de « On se laisse la nuit« . C’est une jeune chaîne YouTube que je découvert récemment… J’apprécie le petit côté « rétro » et les sujets abordés qui touchent principalement les causes des femmes. Cette chaîne mériterait d’avoir plus d’abonnés.

 

Les exemples ne manquent pas, hélas, dans notre société moderne et mercantile. L’image prime sur le reste ! Certaines femmes ont vite déchanté après avoir été embauché par des entreprises qui vantaient leur attachement à la parité et l’égalité salariale. Il n’en était rien, mais cette vitrine leur avait permis d’attirer les meilleures candidates dans leurs filets. Le quotidien et l’organigramme de l’entreprise les ont vite rappelé à la réalité. Après « le green-washing » (faire semblant d’être concerné par l’environnement comme Total par exemple), ne nous laissons pas berner par les faux bons sentiments « du féminisme-washing ». Etre féministe n’est ni une mode, ni un hobby : c’est un combat quotidien qui concerne encore toutes les femmes d’aujourd’hui.

15 commentaires


  1. C’est fou qu’on en soit encore à ce stade en 2018… malheureusement, je pense qu’on en a encore pour un moment 🙁

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  2. Le féminisme c’et comme les vegans il ne faut pas en faire trop !
    Je suis pour la liberté des femmes mais c’est vrai que c’est trop utiliser à tort et à travers .
    Et je me permet de rajouter que certaines féministes sont pire que des dictateurs !

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  3. C’est quand même pas croyable que nous en soyons toujours au même point à nous poser encore ce genre de questions. En tout cas, merci pour cet article

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  4. Le feminism-washing est vraiment à la mode depuis plusieurs années en effet… Je pense que ça a commencé avec le pop feminism, qui lui même revêt des aspects faciles et somme toute assez mercantiles… D’un côté, cela permet de faire connaître le féminisme à la masse, de démocratiser la notion qui aurait pu faire peur il y a 10 ou 20 ans en arrière, mais d’un autre côté, ce n’est pas parce qu’on porte un tee-shirt « Feminist as fuck » qu’on sait de quoi on parle… Il y a du bon et du moins bon dans ce mouvement de vulgarisation mercantile, le tout est de rester conscient et de continuer à lire, débattre, s’informer… Je ne connaissais pas cet extrait des Miss Pérou, je pense que c’était une bonne idée de s’emparer d’une émission aussi populaire et vieillotte pour rafraîchir un peu les esprits des téléspectateurs quant à la situation de la femme… Mais la conclusion est assez amère et je comprends totalement. C’est dur de se dire que parfois il faut qu’une femme se foute à moitié à poil pour qu’on la regarde, qu’on l’écoute. Ce que font Beyoncé, Lady Gaga etc. La démarche peut paraître putassière, mais pour moi tant que la femme se sent en position de pouvoir, qu’elle demeure très consciente de ce qu’elle fait, et qu’elle ne s’auto-objectifie pas inutilement, je me dis « où est le mal? » si elles permettent à la plus large population de s’intéresser un peu plus à la cause féministe…

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  5. Moi je dis Girl Power ! Avec le temps j’espère que ça s’améliorera, j’ai vu la vidéo de miss je l’avais jamais vu, merci pour ton article encourageant ^^

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  6. Coucou!!! Très belle article et il est très intéressant d’en parler!!!! Les pauvres miss c’est chaques années qu’elles s’en prennent

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  7. C’est comme pour tout, on essaie de reprendre à son compte un message fort à des fins publicitaires et mercantiles. Les gens s’engouffrent dans une brèche sans vraiment s’impliquer mais parce que ça fait bien. Quelle tristesse !

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  8. oh que oui, c’est un combat de tous les jours comme tu dis….. je travaille qu’avec des hommes et sérieux, si c’est intéressant, il ne faut pas oublier de les remettre sur le droit chemin régulièrement sinon, je me fais manger…..

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  9. J’aime beaucoup cet article, il est très bien rédigé et les explications sont claires alors merci de m’avoir fait découvrir cette notion de féminisme washing

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