Il y a des acteurs dont la présence traverse l’écran. Pas forcément par des effets spectaculaires, mais par une justesse, une sincérité, une puissance tranquille. Tristan D. Lalla est de ceux-là. Comédien polyvalent, voix marquante du jeu vidéo, figure forte de la télévision canadienne et américaine, il incarne aujourd’hui un personnage adoré dans la série Ghosts. Zoom sur un acteur dont le talent et l’engagement méritent d’être célébrés.
Des racines solides et une passion précoce
Tristan D. Lalla est né le 3 février 1984 à Montréal, au Québec. Il grandit dans un environnement riche culturellement. Il est le petit-fils de Rudolph Charles, l’un des pionniers du steel pan (tambour d’acier) à Trinidad. Un héritage artistique fort, qui inspire très tôt chez lui une passion pour la musique, le théâtre et l’expression.
Il porte aussi un prénom symbolique. Sa mère, fan du soap américain General Hospital, le nomme Tristan en hommage à l’acteur Tristan Rogers. Très jeune, il baigne dans l’univers des séries et des grands récits. Il comprend rapidement que les histoires ont un pouvoir. Celui de faire rêver, rire, réfléchir. Et il décide d’en faire son métier.
Une formation exigeante et des débuts prometteurs
Tristan suit une formation théâtrale rigoureuse au Collège Dawson, dans le programme de théâtre professionnel. Il s’y distingue par son jeu nuancé, sa capacité d’adaptation, et son charisme naturel. Il y reçoit le prix Gloria Mitchell-Aleong, une distinction du Black Theatre Workshop qui salue les talents prometteurs de la communauté noire montréalaise.
Sa carrière démarre vite, d’abord sur scène. Il joue dans plus de 50 pièces de théâtre et comédies musicales à travers le Canada. Du drame au burlesque, il passe avec aisance d’un registre à l’autre. L’un de ses rôles les plus marquants reste celui du Dr Martin Luther King Jr. dans The Mountaintop. Son interprétation lui vaut un META Award en 2018 (Montreal English Theatre Awards) pour la meilleure performance principale masculine.
Une carrière à l’écran riche et variée
Mais Tristan D. Lalla ne se limite pas au théâtre. Il développe rapidement une solide carrière à l’écran. Au cinéma, on le voit dans des productions internationales comme White House Down, RED 2, ou encore Long Shot, où il partage l’écran avec Charlize Theron et Seth Rogen. Il y incarne l’agent M, dans un rôle drôle et percutant.
À la télévision, il devient un visage familier des séries canadiennes et américaines. Il apparaît dans 19-2, Quantico, Nurses, Bad Blood, et bien d’autres. Il sait incarner des personnages à la fois crédibles, puissants et profondément humains. Peu importe la durée de l’apparition, il laisse une empreinte. C’est ce mélange de force tranquille et d’humour discret qui fait de lui un acteur apprécié aussi bien du public que de ses collègues.
Ghosts : un rôle qui fait vibrer les cœurs
Depuis 2022, Tristan D. Lalla joue dans la série Ghosts, diffusée sur CBS. Il y interprète le personnage de Barkley, un esprit dont la personnalité apporte une touche d’humanité dans cette comédie surnaturelle. La série met en scène un couple qui hérite d’un vieux manoir… hanté par une galerie de fantômes hauts en couleur.
Tristan y apporte sa touche personnelle : de la chaleur, de la profondeur, une énergie comique bien dosée. Il joue un fantôme, oui, mais il incarne surtout une mémoire, une histoire, une voix du passé qu’on n’a pas envie d’oublier.
Dans un monde télévisuel encore très normé, voir un acteur noir, rond, montréalais, jouer avec autant d’aisance dans une grande série américaine est un vrai signal positif. Il ne s’excuse pas d’être là. Il occupe l’espace, tout simplement. Et cela compte énormément pour les spectateurs et spectatrices qui ne se reconnaissent que trop rarement à l’écran.
Une voix forte dans l’univers du jeu vidéo
Tristan D. Lalla est aussi très actif dans l’univers du doublage de jeux vidéo. Il a prêté sa voix à plus de 100 jeux, avec un talent particulier pour insuffler une vraie personnalité à ses personnages. L’un de ses rôles les plus emblématiques reste Adéwalé, le héros du jeu Assassin’s Creed IV: Black Flag – Freedom Cry. Ce personnage, ancien esclave devenu révolutionnaire, a été salué pour sa complexité et son charisme. Tristan a reçu une nomination aux Canadian Video Game Awards pour ce rôle.
Dans une industrie du gaming souvent critiquée pour son manque de diversité, la performance de Tristan marque un tournant. Il donne une voix puissante à un personnage noir, sans caricature, avec dignité et émotion. Il prouve aussi que le doublage est un art à part entière, nécessitant autant de technique que de sensibilité.
Une représentation précieuse pour les corps hors normes
Sur beauteRonde.fr, nous célébrons la diversité des corps, des couleurs, des trajectoires. Et Tristan D. Lalla y a toute sa place. Il dépasse les standards imposés par l’industrie. Il ne correspond pas à l’image classique de l’acteur « hollywoodien ». Et c’est tant mieux.
Il apporte à chaque rôle une vérité, une sincérité, une présence réconfortante. Il montre qu’un acteur peut être fort, séduisant, drôle, intense… sans rentrer dans une case. Il prouve que le talent n’a pas de taille, pas de silhouette imposée, pas de limite géographique.
Pour beaucoup de spectateurs, voir Tristan à l’écran est libérateur. Cela montre que l’on peut exister, rayonner, incarner, sans gommer son corps ni son histoire.
Un homme engagé, humble et inspirant
Au-delà de ses rôles, Tristan D. Lalla est un homme de cœur. Il participe à de nombreux événements culturels, donne des ateliers, soutient les jeunes artistes. Il est régulièrement invité dans des festivals pour parler de son métier, de ses valeurs, et de la place des artistes racisés dans le monde du spectacle.
Il parle souvent de l’importance de raconter nos propres histoires, de revendiquer notre place dans le paysage artistique. Et il le fait avec bienveillance, sans ego, avec une humilité qui force le respect.
Un artiste à suivre absolument
Tristan D. Lalla est bien plus qu’un acteur. Il est une voix, une présence, un exemple. Dans Ghosts, il nous fait rire et réfléchir. Dans Assassin’s Creed, il nous fait vibrer. Sur scène, il nous bouleverse. Et dans ses interviews, il nous éclaire.
Il n’a pas besoin de projecteurs pour briller. Il brille parce qu’il est entier. Et parce qu’il nous montre qu’on peut réussir sans se conformer.
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